L’avenir du transport passe par le numérique

L’avenir du transport passe par le numérique

Le secteur du transport était dynamique avant la crise en raison de son besoin d’adaptation aux nouvelles réglementations, comme l'ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, et aux nouvelles demandes des clients, telles que le déplacement de la relation client vers le mobile. La crise du coronavirus a mis un coup d’arrêt à cet élan en entrainant une forte baisse des déplacements sur le territoire et une chute sans précédent du trafic aérien en France de 63% au premier semestre 2020. Les résultats semestriels des acteurs du transport parlent d'eux-mêmes : -7% pour la RATP, -21% pour la SNCF, -46,5% pour ADP, -52% pour Air France-KLM ou encore -55% pour Amadeus, l’un des spécialistes des logiciels pour l’aérien.  

En réaction, les entreprises ont réduit drastiquement leurs plans d'investissement (-600 millions d'euros par rapport à 2019 pour la SNCF, -1,2 milliard d'euros par rapport à 2019 pour Air France-KLM), entraînant dans leurs sillage les dépenses dans le numérique. Les dernières prévisions de teknowlogy-PAC (septembre 2020) tablent ainsi sur une chute du marché des logiciels et des services IT de près de 23% pour l’ensemble du secteur en 2020 et sur une timide reprise autour de 5% de croissance en 2021. Les entreprises cherchent par tous les moyens à réduire leurs coûts, ce qui implique le report de certains projets, la réduction de la sous-traitance, le lancement de projets d'optimisation et, à terme, des réductions d’effectif. La plupart des DSI dans le transport devant faire face à des budgets réduits, ceux-ci négocient avec leurs fournisseurs pour obtenir de meilleurs tarifs journaliers, notamment en incluant davantage de ressources nearshore et offshore dans les prestations.  

Les perspectives ne sont toutefois pas les mêmes dans tous les domaines. Si l’aérien s’inscrit dans une crise durable et recherche avant tout à réduire ses coûts et à rationaliser ses opérations, le ferroviaire conserve des besoins autour de projets structurants tels que le Grand Paris ou le retour en grâce du fret ferroviaire. Le PDG de SNCF Jean-Pierre Farandou a ainsi annoncé en juillet vouloir faire de l’ex-monopole un "leader européen du numérique dans la mobilité" et va donc poursuivre ses efforts de transformation et d’innovation. En parallèle, l’objectif de l’UE de réduire ses émissions de carbone de 55% d’ici 2030 aura également un impact direct sur le secteur, notamment pour la logistique et le transport routier qui vont devoir accélérer leur mutation, et favorise le développement de la mobilité en tant que service (mobility as a service) pour optimiser l’usage des ressources.  

Le numérique est donc pour le transport à la fois un enjeu immédiat et un enjeu d’avenir : un levier de réduction des coûts et d’optimisation des opérations pour traverser la crise, et un moyen de proposer demain à ses clients une mobilité flexible, personnalisée et plus sobre en carbone.