La demande de compétences sur les infrastructures en hausse constante

La demande de compétences sur les infrastructures en hausse constante

La hausse des TJM se confirme cette année, sur tous les profils - y compris dans le domaine des infrastructures. Alors que certains prévisionnistes voyaient le Cloud sonner le glas des besoins d'infrastructures IT, la demande de spécialistes se renforce, au contraire. La hausse constatée l'an passé devrait donc perdurer en 2020. Les plus fortes hausses concernent ainsi les profils de transformation (intégration d'infrastructures sur ou vers le Cloud, hybridation...) avec +4,5% en 2019 et +3,2% en 2020, et ceux agissant sur la sécurité au sens large (avec +4,2% en 2019 et +3,2% en 2020). 

Quoiqu’en croissance, ce sont les profils de support aux utilisateurs qui bénéficient des TJM les moins dynamiques (+1,4% en 2019 et +1,2% en 2020). De même, les ressources sur les domaines les plus impactés par l’automatisation et l’adoption du cloud (supervision, exploitation / production…) restent bien entendu les grandes perdantes dans cette hausse constatée sur les TJM et sont même parfois amenées à s’engager dans des programmes de reconversion pour augmenter leur employabilité et répondre aux enjeux d’attractivité des ESN.

 

Un effet de tension lié à un décalage entre la demande et l’offre (de compétences)

Sous l’effet de la transformation numérique, les métiers de l’IT restent soumis à de fortes sollicitations sur certains domaines et surtout à une demande en rupture avec les pratiques habituelles. Pour y satisfaire, les entreprises sont amenées à augmenter leur attractivité, optimiser la rétention de leurs talents et accroître leurs investissements en formation pour développer les compétences les plus demandées et accompagner le « reskilling » de leurs collaborateurs. Sur certains domaines de compétences clés, la pénurie reste une réalité préoccupante et les entreprises se livrent parfois à un véritable mercato qui profite forcément aux profils les plus demandés et conduit parfois à une surenchère dans les salaires et donc à une augmentation des TJM sur les domaines les plus tendus. 

Outre les compétences Cloud et cyber-sécurité évoquées précédemment, les chefs de projet, les experts des données (data scientists, experts big data…), les professionnels expérimentés dans les approches agiles et DevOps mais aussi ceux compétents dans la gestion des API et du PaaS (compétences qu’on trouve parfois plus facilement auprès de jeunes professionnels), bénéficient d’une forte attractivité, sont les plus rares et, de facto, peuvent présenter des TJM plus élevés que ceux d’autres domaines plus classiques des infrastructures.

 

Un nouveau paradigme polarisé entre mixité des spécialisations et compétences de niche

L’autre point saillant est que les entreprises ont bien compris que les projets technologiques étaient un levier de transformation et d’innovation pour les aider à rester compétitives et se développer sur leur marché au rythme imposé par de nouveaux entrants nés avec le numérique. C’est pourquoi elles sont particulièrement demandeuses de ressources alliant des compétences métier / secteur et technologiques, en particulier pour cadrer et piloter leurs projets les plus stratégiques. Mais elles cherchent aussi des profils adaptables, capables de concilier l’héritage informatique ('Legacy IT') et l’IT orientée business ('Fast IT'). Cette nouvelle demande de profils hybrides – les fameux « moutons à 5 pattes » - favorise de facto le recours aux ressources les plus expérimentées et pluridisciplinaires telles que les architectes et les consultants en transformation IT.

Les ressources qui disposent de compétences informatiques éprouvées dans un secteur et/ou auprès de fonctions métier plus classiques (commerce, marketing, RH, R&D, production, logistique…) suscitent également une forte appétence auprès des secteurs d’activité les plus demandeurs de services IT. Cette situation crée inéluctablement une croissance des TJM pour tous les profils disposant de cette forme de mixité de spécialisations mais également parfois sur des domaines techniques « niches » (exemple : un expert en conception / intégration de systèmes IoT pour un secteur / métier très précis).

En conclusion, les résultats de notre étude montrent qu’il existe une tension durable sur pratiquement tous les types de profils et domaines de compétences des infrastructures informatiques ; cette situation incite d’ailleurs les entreprises utilisatrices comme les ESN à innover sans cesse pour être plus efficaces dans leur recrutement, le management de leurs compétences / collaborateurs mais aussi de leurs salaires… et donc d’étendre et de changer leurs pratiques d’achat de prestations informatiques. Pour découvrir toutes les informations détaillées, lisez notre rapport "Taux Journaliers Moyens (Rates & Prices) - Services d'Infrastructure - InSight Analysis - France".