Le marché des logiciels en France poursuit sa transformation vers le cloud

Le marché des logiciels en France poursuit sa transformation vers le cloud

Le marché des applications en France fait cohabiter deux familles d’applicatifs : les applicatifs disponibles sur étagère, et les applicatifs développés spécifiquement pour répondre à un besoin métier. Bien qu’ils constituent historiquement une partie importante du marché français, ces applications spécifiques sont avant tout des services délivrés aux entreprises, et ne sont donc pas considérés dans le marché des logiciels.

Pour autant, la place historique de ce type d’applicatifs, qui a longtemps cristallisé les investissements des entreprises, n’est pas à négliger.

C’est pour cette raison notamment que les entreprises françaises ont accusé un temps de retard par rapport à leurs homologues européens dans l’adoption du cloud et des logiciels en mode as-a-Service.

Si ce constat était encore avéré il y a peu, la situation en 2021 confirme l’évolution profonde du marché français. Le marché traditionnel des logiciels s’affiche au mieux en stagnation, et la locomotive d’un marché que nous estimons à plus de 21,5 milliards d’euros en 2022 est désormais clairement dans les nuages.

Lors de l’Observatoire de la conjoncture mené par Numeum et PAC, un panel de 270 entreprises s’est prononcé sur leur utilisation du numérique. Tant les fournisseurs que les utilisateurs se sont orientés vers le cloud et le SaaS pour leurs nouveaux besoins.

La situation est telle que 95% des éditeurs interrogés en France proposent une offre SaaS, et 68% des entreprises clientes finales utilisent des services cloud. Il faut noter que le SaaS est majoritairement le modèle privilégié, utilisé par 69% des entreprises utilisatrices, devant le IaaS utilisé à 49%, puis le PaaS à 36%.

Les taux de croissance annuels des services cloud sont très clairement à deux chiffres, que l’on considère le SaaS ou le IaaS/PaaS public, ce qui contraste très fortement avec la situation des solutions traditionnelles : la croissance des logiciels d’infrastructures s’approche des +2,5%, alors que les logiciels applicatifs sont eux en légères décroissance en 2022.

La santé de ce marché profite avant tout aux acteurs américains, alors que les clients prennent de plus en plus conscience des enjeux de souveraineté liés à l’utilisation de services extra-européens. Dassault Systèmes reste l’acteur français de référence qui vient troubler la position dominante des fournisseurs extra-européens. Ce constat ne doit pas masquer la réalité d’un écosystème français extrêmement dynamique, avec des acteurs qui cherchent à renforcer leur position à travers des fusions et des acquisitions, comme notamment Cegid.

Cette orientation vers le cloud ne résulte pas seulement d’un choix des fournisseurs, mais bien des clients qui ont de nouvelles attentes qui ne peuvent être adressées que par des solutions cloud, que ce soit pour des motifs techniques ou pour des raisons pragmatiques de partage de responsabilité.

Ainsi, les préoccupations des clients, autour notamment de la cybersécurité, trouvent des solutions par l’intermédiaire de services cloud, tout comme des besoins de modernisation des infrastructures ainsi que des réponses aux besoins métiers.

Le marché français du logiciel est en pleine réorganisation : si le cloud tire la croissance du marché, il ne s’agit pas de la solution unique pour l’ensemble des clients. Le dynamisme du cloud va donc continuer, au rythme des nouvelles versions des logiciels proposés par les fournisseurs, profitant de l’obsolescence de certains logiciels hébergés sur site. Mais les logiciels disponibles par le cloud ne remplaceront pas l’intégralité du parc installé.

Il existe un ensemble d’applications métier, spécifiques et critiques pour les clients, qui n’ont pas vocation à être transformées vers le cloud, que ce soit pour des raisons de performance ou de sécurité. Les applications hébergées sur site, spécifiques, ne sont donc pas condamnées à disparaître : au contraire, elles vont devoir évoluer, et s’adapter à une plus grande interaction avec les services cloud.

L’adoption des logiciels cloud va continuer de s’amplifier au rythme des nouvelles fonctionnalités. Pour les clients, cela va demander un renforcement des capacités de maitrise et d’orchestration de ce paysage logiciel fragmenté, mais aussi un accompagnement renforcé pour permettre l’intégration de ces briques logicielles dans un paysage SI hybride, entre le cloud et des infrastructures traditionnelles.